Technique

    SPF, DKIM, S/MIME : ce que ces protocoles font, et ce qu'ils ne font pas

    2026-06-08 6 min
    SP
    SPF
    Domaine autorisé ?
    DK
    DKIM
    Message intègre ?
    DM
    DMARC
    Politique respectée ?
    Expéditeur réel non vérifié
    3 filtres. L’identité humaine reste opaque.
    Contexte

    Une fausse impression de sécurité

    Votre service informatique a configuré SPF, DKIM et DMARC. Peut-être même S/MIME. Vous pensez que vos emails sont sécurisés.

    Pourtant, la fraude au virement par email a progressé de 93 % chez les professionnels français en 2025. Comment est-ce possible ?

    +93%
    de fraudes au virement chez les professionnels français en 2025
    Cybermalveillance.gouv.fr 2025
    Protocoles

    Ce que font réellement ces protocoles

    SPF

    Vérifie que l'email provient d'un serveur autorisé pour votre domaine

    Ne prouve pas qui a envoyé l'email

    DKIM

    Garantit que le message n'a pas été modifié en transit

    Ne garantit pas l'identité réelle de l'expéditeur

    DMARC

    Définit la politique si SPF ou DKIM échouent

    N'apporte pas de preuve supplémentaire sur l'identité

    SPF

    SPF vérifie que l'email vient bien d'un serveur autorisé pour votre domaine. Il dit : ce serveur a le droit d'envoyer au nom de ce domaine. Il ne dit pas qui a envoyé cet email.

    DKIM

    DKIM appose une signature numérique sur l'email pour garantir qu'il n'a pas été modifié en transit. Il garantit l'intégrité du message, pas l'identité de l'expéditeur réel.

    DMARC

    DMARC s'appuie sur SPF et DKIM pour définir ce que le destinataire doit faire si les vérifications échouent. Il n'apporte pas de preuve supplémentaire sur qui a envoyé l'email.

    S/MIME

    S/MIME va plus loin : il permet de signer numériquement un email avec un certificat personnel. La signature prouve que le message vient du détenteur du certificat. C'est plus solide, mais avec une limite importante.

    Limite

    La limite que personne ne mentionne

    S/MIME est un protocole point à point. Pour que la signature soit visible et vérifiable, le destinataire doit utiliser un client email compatible correctement configuré, faire confiance à l'autorité de certification qui a émis votre certificat, et disposer de votre clé publique.

    Si votre client envoie un email signé S/MIME à un confrère qui consulte sa messagerie via un webmail basique, la signature est invisible. Aucune vérification n'a lieu. Aucun signal d'alerte ne s'affiche si quelqu'un usurpe votre identité.

    De plus, S/MIME ne génère pas d'horodatage qualifié au sens du règlement eIDAS (UE n°910/2014).

    Expéditeur
    Signé S/MIME
    Certificat valide
    Client compatible et configuré

    Signature visible. Cas rare en B2B PME.

    Webmail ou client non configuré

    Signature invisible. Cas majoritaire.

    S/MIME requiert une infrastructure des deux côtés. Sans elle : protection nulle.

    Cas concret

    Ce qui se passe dans une fraude au virement type

    Étape 1
    Domaine look-alike
    cabinet-martin.fr
    cabinet-martin-fr.com
    Étape 2
    Email reçu
    SPF DKIM DMARC

    « Nouveau RIB pour le prochain virement »

    Aucune alerte déclenchée

    Étape 3
    Virement
    45 000 €
    VIRÉ

    SPF, DKIM, DMARC n’ont rien bloqué.

    Un attaquant envoie un email qui semble venir de vous, ou d'un de vos partenaires, à votre client. L'email passe les filtres SPF et DKIM parce que l'attaquant utilise un domaine ressemblant ou a compromis un compte légitime. Le client voit un nom familier, un ton habituel, une demande urgente. Il vire.

    Ni SPF, ni DKIM, ni S/MIME n'ont empêché quoi que ce soit.

    « Ni SPF, ni DKIM, ni S/MIME n'ont empêché quoi que ce soit. »
    Solution

    Ce que la certification de l'identité email apporte en plus

    Une approche de certification cryptographique avec horodatage qualifié eIDAS fonctionne différemment. Chaque email envoyé génère une empreinte unique certifiée par une autorité d'horodatage européenne reconnue. Cette certification est vérifiable par n'importe qui, sur n'importe quel appareil, sans configuration préalable, via une URL publique.

    Si quelqu'un reçoit un email qui prétend venir de votre cabinet, il peut vérifier en un clic que ce message a bien été envoyé par vous, ou constater qu'aucune certification n'existe pour cet email.

    La vérification ne dépend pas du client email du destinataire. Elle ne dépend pas d'une configuration technique préalable. Elle ne dépend pas de la vigilance de l'utilisateur.

    SPF/DKIM/S/MIME vs Certification
    Critère
    SPF / DKIM / S/MIME
    CERTIFICATION
    Preuve d'identité expéditeur
    Domaine seulement
    Personne + organisation
    Vérifiable sans config par le destinataire
    Non
    Oui, URL publique
    Valeur probatoire juridique
    Limitée
    Horodatage qualifié par un QTSP
    Visible dans Outlook
    Non
    Badge visible
    Conclusion

    Ce que ça change concrètement

    Pour un avocat, un expert-comptable ou un notaire qui envoie des instructions de virement, des modifications de RIB ou des documents contractuels par email : la certification apporte la preuve que l'email vient bien de vous, et permet à votre client de le vérifier.

    Ce n'est pas un remplacement de SPF, DKIM ou S/MIME. C'est une couche complémentaire qui adresse ce que ces protocoles ne couvrent pas : la preuve d'identité vérifiable par le destinataire, sans prérequis technique.

    FAQ

    Questions fréquentes

    Sources : Cybermalveillance.gouv.fr, Rapport d'activité 2025. RFC 3161 (protocole d'horodatage qualifié). Règlement eIDAS (UE) n°910/2014.

    Vous voulez voir comment STEGA TRUST répond à ce problème ?

    Une démo et vous voyez la signature apparaître dans Outlook.

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